| HOME INTRO PAINTING INSTALLATION / NEW MEDIA DIGITAL & PRINTS FRACTAL UTOPIA ABOUT THE ARTIST CONTACT |
| CERJ LALONDE |
|
|||||
|
INSTALLATION NEW MEDIA |
|
|
||||
|
|
|
|
Le Maroc accueille L’Occident Un métissage culturel sur fond diplomatique Écrit par Sonia Raymond
Dans l’actuel contexte politique mondial, criblé de toute part de conflits, de violence et de tensions, se dégagent des initiatives politiques et symboliques de pays qui s’ouvrent les uns aux autres. Ils brandissent quant à eux des armes culturelles basées sur des valeurs d’échange plutôt que des armes de destruction massive. Leurs forces sont celles du dialogue, de la négociation et du partage. LE MAROC S’OUVRE À LA MODERNITÉ. C’est le cas du Maroc, qui dans le cadre de son accord de libre échange Maroc–USA a invité en décembre 2006 une délégation américaine à partager un événement bien spécial. Une centaine de dignitaires américains et un seul artiste, Cerj Lalonde, furent invités par sa Majesté Royale Mohammed VI, fils d’Hassan II, à partager un morceau de culture et de richesse marocaine. Cet événement, du nom de Moussem, est ancré dans la tradition nomade des populations du nord ouest africain, des tribus du sud marocain et des bédouins de ce pays du Maghreb. Initialement, le lieu de rassemblement choisi pour les rencontres annuelles était un puits. Ces ralliements duraient une longue semaine. Aujourd’hui encore, des centaines de Moussems se tiennent au Maroc chaque année, tous d’ampleurs différentes. Certains sont plus connus que d’autres. Celui auquel Cerj Lalonde et les dignitaires américains furent conviés se tenait à Tan-Tan. LE MOUSSEM DE TAN - TAN Le Moussem de Tan-Tan est qualifié par l’UNESCO* de « troisième proclamation des chefs d’œuvres oral et immatériel de l’humanité ». Cet événement typique est une sorte de fête aux allures de foire, mais aussi et surtout un rassemblement multiculturel de peuplades minoritaires dont le mode de vie traditionnel est menacé par une sédentarisation lié à l’essor de l’industrialisation et du confort qui en découle. Une ambiance festive caractérise cet événement au cours duquel chacun partage et échange, ses traditions locales, ses musiques, ses poèmes, ses réflexions, ses savoir-faire artisanaux et ses artefacts les plus réussis. Au Moussem de Tan Tan, c’est en toute intimité que Sa Majesté Mohammed VI reçoit un à un les créateurs pour examiner leurs œuvres. Une invitation à participer à ce genre de mise en valeur de la richesse de l’héritage culturel marocain est un réel honneur. Sa Majesté Mohammed VI semble, au travers de sa participation, asseoir sa volonté de préserver la pluralité des traditions régionales ancestrales, immatérielles comme matérielles. Sa présence valorise par voie de conséquence ce patrimoine aux yeux de ses hôtes étrangers ainsi qu’aux yeux de son peuple. Au-delà d’un événement majeur auquel il est rare de pouvoir participer, ce privilège offert aux dignitaires américains est une fenêtre ouverte sur une partie d’histoire des civilisations aux racines orales. C’est une main tendue du monde musulman vers l’Occident dans un contexte global de xénophobie croissante et de radicalisation. Plus qu’une « invitation au voyage » cette démarche diplomatique marque la volonté marocaine de faire valoir sa culture et son ouverture à l’égard de l’occident. CHOIX DE L’ARTISTE Si la volonté affichée de coopération économique entre le Maroc et les Etats Unis est cohérente avec la sélection des dignitaires américains invités, il semblerait que le choix de l’artiste sélectionné pour l’occasion ne relève pas du hasard. Cerj Lalonde, d’origine québécoise et résidant à Miami aux Etats-Unis, fut le seul artiste non marocain convié à rencontrer sa majesté royale pour lui présenter dix toiles de sa création. Fusionnant un style abstrait très texturé aux couleurs profondes à une composition très structurée, son art s’est imposé comme l’archétype contemporain occidental introduit dans l’univers artistique ancestral de la tradition marocaine. Mais il serait réducteur de limiter l’œuvre de Cerj Lalonde à un style pictural non-figuratif. Il s’emploie lui aussi à tisser des liens entre passé et présent pour envisager, de manière utopique, un futur pacifique émergeant d’un regard global et unificateur du monde qui nous entoure. Cerj Lalonde travaille d’ailleurs sur un projet d’installation multimédia du nom d’Utopie Fractale* qui, sur trame d’un compte à rebours remontant au big bang et d’une accélération vers un futur hypothétique, promeut, entre autres, des valeurs de réconciliation, d’échange et de réflexion. Il y combine et confronte le mystique au rationnel, embrasse l’ambitieuse élaboration d’une « Représentation Universelle ». Il fusionne communication picturale, unidirectionnelle, bidirectionnelle, interpersonnelle, intime, orale et écrite. Sur fond de mystère, cette installation, ou Utopie Fractale, offre un kaléidoscope de perspectives propices à la tolérance, à l’échange, à la paix et à la liberté La finalité de cette démarche utopique semble être de rassembler et souder des fragments historiques, scientifiques économiques et culturels pour générer du sens afin de contribuer à la création d’un monde meilleur. Nerval déclarait que le rêve ouvre « à l'homme une communication avec le monde des esprits », le rêve de Cerj Lalonde, celui d’une Compréhension Globale, (« A Dream of Global Understanding ») ambitionne quant à lui d’atteindre notre esprit pour l’ouvrir au rêve d’un monde meilleur. Cet artiste, riche de visites antérieures au Maroc, ayant lu les textes sacrés des grandes cultures de l’humanité, le Coran comme la Bible, et travaillant sur des projets visant la promotion des valeurs d’échange et de respect, représente donc à lui seul l’incarnation du respect interculturel au cœur de la collaboration du Maroc et de l’occident. POSITIONNEMENT DU MAROC Ce bain de culture et d’échange offert à la délégation américaine assoit l’image identitaire d’un Maroc accueillant, ouvert d’esprit, culturellement riche, et désireux de bâtir des liens, de partager et d’échanger. Un tel événement témoigne de l’importance que sa Majesté Royale Mohammed VI accorde à la richesse culturelle marocaine et semble démontrer sa volonté de valoriser une tradition orale et un patrimoine artisanal exceptionnel auprès de ses partenaires économiques. Le contraste culturel entre la tradition ancestrale marocaine et la modernité des œuvres de Cerj Lalonde, apparaît comme un message en filigrane d’un Maroc en pleine expansion, désireux de s’inscrire dans la modernité tout en essayant de préserver son exceptionnel patrimoine culturel. Le métissage entre passé et présent, de même que les valeurs de réconciliation, d’échange et de réflexion renvoyées par les créations de Cerj Lalonde semblent également faire corps avec celles projetées par la royauté. Maintenir les coutumes tout en développant l’économie nationale marocaine selon les lois du marché est cependant un réel défi. Cette volonté de coopération internationale du souverain n’est pas nouvelle. Ses brillantes études supérieures, au cours desquelles il consacrait déjà une place de choix à l’étude de l’union des peuples et aux stratégies de son royaume en matière de relations internationales, laisse présager une réussite sur le plan pratique dans ces domaines. Si on ajoute à cet intérêt profond pour le développement marocain cette nouvelle manifestation (à Tan-Tan) du respect royal pour le patrimoine culturel de son pays, il est fort probable que cet accord Maroc-USA se traduise par un renforcement de l’importance du Maroc au rang mondial en termes de développement économique, social et culturel. Ce type de collaboration est une illustration de la possibilité du recours au dialogue et au partage. Sa majesté royale Mohammed VI, s’affiche donc comme l’exemple même du souverain moderne et pacifique dont le discernement, l’ouverture et la sagesse contribueront probablement à hisser le Maroc à la place de choix qu’il espère.
____________________________________________________________________
** Le projet Utopie Fractale, adaptable en fonction des contraintes de qui veut l’accueillir, se présente comme un voyage au travers de neuf salles en enfilade. Chaque salle offrirait une ambiance et un univers différent, hybride, fictionnel ou factuel, ou les deux. Chaque pièce serait une fraction de monde habité de sons, de lumières, d’éléments surprenants, d’informations universelles, de traces archaïques et de matériel high-tech. Ces espaces sous-tendraient un fil conducteur servant d’unificateur entre les salles et permettraient une mise en relation et une mise en réseau des éléments présentés. Cerj Lalonde tisserait en quelque sorte un fil d’Ariane pour mener chaque visiteur à une réflexion profonde sur le coté universel de la Création, sur la palette de regards que l’on porte au monde, sur la subjectivité de la perception de soi et des autres. En stimulant la pensée et la perspective des visiteurs, il leur proposerait de participer à la découverte ou à la mise en place de pistes ou pensées utiles pouvant contribuer à « Sauver le Monde » des maux qui le rongent.
Pour plus d’informations :
* Unesco : texte sur le Moussem de Tan Tan http://www.unesco.org/culture/intangible-heritage/26arb_fr.htm
|
|||
|
|
|
BACK: INSTALLATION / NEW MEDIA
|
||||
|
|
HOME INTR0 PAINTING INSTALLATION / NEW MEDIA DIGITAL & PRINTS FRACTAL UTOPIA ABOUT THE ARTIST CONTACT